Le moral est revenu au beau fixe ! Depuis le retour de vacances de Guillaume, alors que je m’attendais à une surcharge de boulot, comme à chaque retour du patron, tout va pour le mieux. Il pleut moins, donc ma chambre et mes fringues ne sentent plus trop le moisi, je peux aller courir le matin, et le boulot m’occupe toujours autant, donc je ne vois pas trop le temps passer.
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Nous avons accueilli un nouveau volontaire, Loïc, qui vient renforcer les rangs du camp français. Toulousain d’adoption comme moi, puisqu’il vient de l’ENSEEIHT, il est venu, sur les conseils de Marie, notre gourmande de service, avec une valise pleine de pâtés, tapenades, saucissons et autres bouteilles de vin. A peine arrivé, il s’est donc fait gentiment dévalisé par Julie et Marie qui ont décidé, puisque c’était le 14 juillet, de se faire un beau gros repas français. Je ne reviendrai pas sur le repas, mieux vaut vous reporter aux blogs de Marie, Maya, Stephanie ou Julie, ou encore à mon article du mois de Novembre, mais sachez que ça m’a quand même fait du bien. Sinon, comme je vous l’avais dit, Lynn et David sont revenus de Monkey Point pour mieux y repartir, et c’est sympa de discuter avec eux de ce qu’ils ont vécus pendant ces 35 jours passés là-bas ; Lynn est vraiment marrante quand elle nous raconte comment s’évadaient leurs poules, et comment ils devaient leur courir après dans toute la communauté, ou quand elle nous raconte ses aventures avec les gamins ! Et en fin de compte, la compagnie des américains n’est pas si désagréable que cela.
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La "cancha" sur laquelle nous jouons.
La présence de Lynn et David a également relancé les parties de football avec les ouvriers. Je m’étonne de ne pas en avoir parlé avant. Il y a un terrain de hand en béton, couvert, juste à côté de l’atelier, qui est d’ailleurs éclairé grâce aux turbines de l’Inatec, sur lequel nous jouons de temps en temps. Il n’y a aucune régularité, on joue quand quelqu’un se décide à demander "¿Eh, jugamos, hoy?", et qu’il y a suffisamment de monde, que les ouvriers n’ont pas de rendez-vous (que je soupçonne d’être imaginaires, dans la plupart des cas…), et surtout, surtout, il faut que Gerson soit motivé. Car quand Gerson ne joue pas, personne ne joue. C’est comme qui dirait un peu le chef de file du mouvement footballistique de l’atelier, le Gerson. C'est aussi sûrement l'un des joueurs le plus violent, mauvais joueur et mauvais perdant que je connaisse, mais comme on n'a pas le choix, il faut bien faire avec. Mais en ce moment, avec Lynn qui a fait du football depuis qu’elle est toute petite, avec les ouvriers de Guillaume qui viennent jouer pieds nus, mais qui sont trop forts quand même, et avec un Gerson survolté par tant d’affluence, on se régale.
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Hier nous avons fait un petit tournoi avec 3 équipes de 5, et nous avons joué au moins 2 heures et demi sans voir le temps passer non plus. Autre événement sportif, l’arrivée de Pedro, un équatorien, qui est détenteur d’un MBA en économie/finance, et qui vient pour 6 mois aider blueEnergy dans la rédaction de son business plan. Quel rapport avec le sport me direz-vous ? Et bien, Pedro va courir tous les matins, et c’est justement ce qu’il me fallait pour me motiver à y aller plus souvent ! Dernière nouveauté bien sympathique, Donald, un des artistes du coin, pote de Guillaume, me file des cours de batterie gratis dans la maison du voisin. Que demande le peuple ? Bref, sport, musique, bonne ambiance et bonne bouffe, ça va mieux !
François nous a amené Gilbert jusqu’au Nicaragua, et avec lui (à partir de maintenant, il faut lire l’article avec l’accent de Toulouse, heing ?) l’espoir d’implanter une nouvelle religion, le rugueuby, comme on l’appelle, en terre nicaraguayenne. Ce ballon aura pas mal voyagé, entre Paris, Madrid, San José, Managua, Bluefields, Monkey Point, Punta de Aguila (son apogée, j’y reviendrai), et de nombreuses fois sur la plage d’El Bluff. Même si je suis encore à cent lieux d’être canonisé par le pape du rugby (j’ai nommé Alexandre Le Bris) pour avoir converti ces incultes base-balleurs et autres footeux de nicas, ça nous a permis de passer de bons moments, notamment avec les gamins. J’ai failli consacrer un article à une partie mythique de toucher sur la grande plage de Quinn, à Monkey Point, avec pleins de gamins, Julie, Lynn, David, Charles et Octavio. C’était magique de voir tous ces gamins laisser tomber leur ballon de foot pour aller tâter le cuir et aller mettre le cochon dans le maïs sans se faire rattraper par la patrouille (ouh là, je me laisse un peu aller, là…).